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Le Centre d’Études Spirites Yvonne Pereira, le CESYP Cagnes-sur-Mer, est heureux de vous accueillir dans les Alpes Maritimes en France !

Nous sommes ouverts du lundi au samedi (parfois au dimanche !) avec plusieurs activités d’accueil, d’étude, de réflexion, de lecture, d’écoute, de partage et d’approfondissement des connaissances spirituelles pour tous les ages. Jetez un coup d’œil sur notre programme ci-dessous et n’hésitez pas à nous contacter si vous avez des questions.

Tous les mercredis :
18h30 – 19h00 Accueil fraternel (écoute et aide spirituelle)
19h00 – 19h50 Lecture et commentaires du livre Notre Pain d’Emmanuel psychographié par Chico Xavier, Le Livre des Esprits et L’Évangile selon le Spiritisme d’Allan Kardec
19h50 – 20h00 Passes (bioénergie)

Tous les premiers samedis du mois :
15h30 – 16h30 Cours d’Éducation Spirite (enfants et parents)
16h45 – 16h55 Passes (bioénergie)
17h00 – 18h00 Conférence (avec questions et réponses)
18h00 – 18h30 Moment Convivial (médiathèque et librairie)

Les études de mardi et vendredi et l’accueil de lundi et la médiathèque de jeudi qui sont interrompus pendant les vacances scolaires.

Entrée libre et gratuite par le grand portail au chemin des Amandiers.
Parking aux alentours ; bus 200, 400, 500, 94, 232 ou 217 ; train gare Cagnes-sur-Mer ou Cros-de-Cagnes.
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CESYP Cagnes-sur-Mer
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Allan Kardec et le Spiritisme


https://www.kardecpedia.com/fr

Voici quelques extraits des œuvres :

1) QU’EST-CE QUE LE SPIRITISME ?, 1859

Preambule

Les personnes qui n’ont du spiritisme qu’une connaissance superficielle, sont naturellement portées à faire certaines questions dont une étude complète leur donnerait sans doute la solution ; mais le temps, et souvent la volonté leur manquent, pour se livrer à des observations suivies. On voudrait, avant d’entreprendre cette tâche, savoir au moins ce dont il s’agit, et si cela vaut la peine de s’en occuper. Il nous a donc paru utile de présenter, dans un cadre restreint, la réponse à quelques-unes des questions fondamentales qui nous sont journellement adressées ; ce sera, pour le lecteur, une première initiation, et, pour nous, du temps gagné par la dispense de répéter constamment la même chose.

Le premier chapitre contient, sous forme d’entretiens, la réponse aux objections les plus ordinaires de la part de ceux qui ignorent les premiers fondements de la doctrine, ainsi que la réfutation des principaux arguments de ses contradicteurs. Cette forme nous a paru la plus convenable, parce qu’elle n’a pas l’aridité de la forme dogmatique.

Le second chapitre est consacré à l’exposé sommaire des parties de la science pratique et expérimentale sur lesquelles, à défaut d’une instruction complète, l’observateur novice doit porter son attention pour juger en connaissance de cause ; c’est en quelque sorte le résumé du Livre des Médiums. Les objections naissent le plus souvent des idées fausses que l’on se fait, a priori, sur ce que l’on ne connaît pas ; rectifier ces idées, c’est aller au devant des objections : tel est le but de ce petit écrit.

Le troisième chapitre peut être considéré comme le résumé du Livre des Esprits ; c’est la solution, par la doctrine spirite, d’un certain nombre de problèmes du plus haut intérêt, de l’ordre psychologique, moral et philosophique, que l’on se pose journellement, et dont aucune philosophie n’a encore donné de solutions satisfaisantes. Qu’on essaie de les résoudre par toute autre théorie et sans la clef qu’en fournit le spiritisme, et l’on verra quelles sont les réponses les plus logiques et qui satisfont le mieux la raison.

Cet aperçu est non seulement utile pour les novices qui pourront y puiser en peu de temps et à peu de frais les notions les plus essentielles, mais il ne l’est pas moins pour les adeptes auxquels il fournit les moyens de répondre aux premières objections qu’on ne manque pas de leur faire, et en outre, parce qu’ils y trouveront réunis, dans un cadre restreint et sous un même coup d’oeil, les principes qu’ils ne doivent jamais perdre de vue.

Pour répondre dès à présent et sommairement à la question formulée dans le titre de cet opuscule, nous dirons que :

Le Spiritisme est à la fois une science d’observation et une doctrine philosophique. Comme science pratique, il consiste dans les relations que l’on peut établir avec les Esprits ; comme philosophie, il comprend toutes les conséquences morales qui découlent de ces relations.

On peut le définir ainsi :

Le Spiritisme est une science qui traite de la nature, de l’origine et de la destinée des Esprits, et de leurs rapports avec le monde corporel.

2) LE SPIRITISME A SA PLUS SIMPLE EXPRESSION

HISTORIQUE DU SPIRITISME

…Les instructions données par les Esprits d’un ordre élevé sur tous les sujets qui intéressent l’humanité, les réponses qu’ils ont faites aux questions qui leur ont été proposées, ayant été recueillies et coordonnées avec soin, constituent toute une science, toute une doctrine morale et philosophique sous le nom de Spiritisme. Le spiritisme est donc la doctrine fondée sur l’existence, les manifestations et l’enseignement des Esprits. Cette doctrine se trouve exposée d’une manière complète dans le Livre des Esprits pour la partie philosophique, dans le Livre des Médiums pour la partie pratique et expérimentale, et dans l’Évangile selon le Spiritisme pour la partie morale. On peut juger, par l’analyse que nous donnons ci-après de ces ouvrages, de la variété, de l’étendue et de l’importance des matières qu’elle embrasse…

RÉSUMÉ DE L’ENSEIGNEMENT DES ESPRITS

1. Dieu est l’intelligence suprême, cause première de toutes choses.
Dieu est éternel, unique, immatériel, immuable, tout-puissant, souverainement juste et bon. Il doit être infini dans toutes ses perfections, car si l’on supposait un seul de ses attributs imparfaits, il ne serait plus Dieu.

2. Dieu a créé la matière qui constitue les mondes ; il a aussi créé des êtres intelligents que nous nommons Esprits, chargés d’administrer les mondes matériels d’après les lois immuables de la création, et qui sont perfectibles par leur nature. En se perfectionnant, ils se rapprochent de la Divinité.

3. L’Esprit, proprement dit, est le principe intelligent ; sa nature intime nous est inconnue ; pour nous il est immatériel, parce qu’il n’a aucune analogie avec ce que nous appelons matière.

4.Les Esprits sont des êtres individuels; ils ont une enveloppe éthérée, impondérable, appelée périsprit, sorte de corps fluidique, type de la forme humaine. Ils peuplent les espaces, qu’ils parcourent avec la rapidité de l’éclair, et constituent le monde invisible.

5. L’origine et le mode de création des Esprits nous sont inconnus ; nous savons seulement qu’ils sont créés simples et ignorants, c’est-à-dire sans science et sans connaissance du bien et du mal, mais avec une égale aptitude pour tout, car Dieu, dans sa justice, ne pouvait affranchir les uns du travail qu’il aurait imposé aux autres pour arriver à la perfection. Dans le principe, ils sont dans une sorte d’enfance sans volonté propre, et sans conscience parfaite de leur existence.

6. Le libre arbitre se développant chez les Esprits en même temps que les idées, Dieu leur dit : « Vous pouvez tous prétendre au bonheur suprême, lorsque vous aurez acquis les connaissances qui vous manquent et accompli la tâche que je vous impose. Travaillez donc à votre avancement ; voilà le but : vous l’atteindrez en suivant les lois que j’ai gravées dans votre conscience. »

En conséquence de leur libre arbitre, les uns prennent la route la plus courte, qui est celle du bien, les autres la plus longue, qui est celle du mal.

7. Dieu n’a point créé le mal ; il a établi des lois, et ces lois sont toujours bonnes, parce qu’il est souverainement bon ; celui qui les observerait fidèlement serait parfaitement heureux ; mais les Esprits, ayant leur libre arbitre, ne les ont pas toujours observées, et le mal est résulté pour eux de leur désobéissance. On peut donc dire que le bien est tout ce qui est conforme à la loi de Dieu et le mal tout ce qui est contraire à cette même loi.

8. Pour concourir, comme agents de la puissance divine, à l’œuvre des mondes matériels, les Esprits revêtent temporairement un corps matériel. Par le travail que nécessite leur existence corporelle, ils perfectionnent leur intelligence et acquièrent, en observant la loi de Dieu, les mérites qui doivent les conduire au bonheur éternel.

9. L’incarnation n’a point été imposée à l’Esprit, dans le principe, comme une punition ; elle est nécessaire à son développement et à l’accomplissement des œuvres de Dieu, et tous doivent la subir, qu’ils prennent la route du bien ou celle du mal ; seulement ceux qui suivent la route du bien, avançant plus vite, sont moins longs à parvenir au but et y arrivent dans des conditions moins pénibles.

10.Les Esprits incarnés constituent l’humanité, qui n’est point circonscrite à la Terre, mais qui peuple tous les mondes disséminés dans l’espace.

11. L’âme de l’homme est un Esprit incarné. Pour le seconder dans l’accomplissement de sa tâche, Dieu lui a donné, comme auxiliaires, les animaux qui lui sont soumis et dont l’intelligence et le caractère sont proportionnés à ses besoins.

12. Le perfectionnement de l’Esprit est le fruit de son propre travail ; ne pouvant, dans une seule existence corporelle, acquérir toutes les qualités morales et intellectuelles qui doivent le conduire au but, il y arrive par une succession d’existences à chacune desquelles il fait quelques pas en avant dans la voie du progrès.

13.A chaque existence corporelle l’Esprit doit fournir une tâche proportionnée à son développement ; plus elle est rude et laborieuse, plus il a de mérite à l’accomplir. Chaque existence est ainsi une épreuve qui le rapproche du but. Le nombre de ces existences est indéterminé. Il dépend de la volonté de l’Esprit de l’abréger en travaillant activement à son perfectionnement moral ; de même qu’il dépend de la volonté de l’ouvrier qui doit fournir un travail d’abréger le nombre de jours qu’il emploie à le faire.

14. Lorsqu’une existence a été mal employée, elle est sans profit pour l’Esprit, qui doit la recommencer dans des conditions plus ou moins pénibles en raison de sa négligence et de son mauvais vouloir ; c’est ainsi que, dans la vie, on peut être astreint à faire le lendemain ce qu’on n’a pas fait la veille, ou à refaire ce qu’on a mal fait.

15. La vie spirituelle est la vie normale de l’Esprit : elle est éternelle ; la vie corporelle est transitoire et passagère : ce n’est qu’un instant dans l’éternité…

MAXIMES EXTRAITES DE L’ENSEIGNEMENT DES ESPRITS

35. Le but essentiel du Spiritisme est l’amélioration des hommes. Il n’y faut chercher que ce qui peut aider au progrès moral et intellectuel.

36. Le vrai Spirite n’est pas celui qui croit aux manifestations, mais celui qui met à profit l’enseignement donné par les Esprits. Rien ne sert de croire, si la croyance ne fait pas faire un pas en avant dans la voie du progrès, et ne rend pas meilleur pour son prochain.

37. L’égoïsme, l’orgueil, la vanité, l’ambition, la cupidité, la haine, l’envie, la jalousie, la médisance, sont pour l’âme des herbes vénéneuses dont il faut chaque jour arracher quelques brins et qui ont pour contrepoison : la charité et l’humilité.

38. La croyance au Spiritisme n’est profitable qu’à celui dont on peut dire : Il vaut mieux aujourd’hui qu’hier.

39. L’importance que l’homme attache aux biens temporels est en raison inverse de sa foi dans la vie spirituelle ; c’est le doute sur l’avenir qui le porte à chercher ses joies en ce monde en satisfaisant ses passions, fût-ce aux dépens de son prochain.

40. Les afflictions sur la terre sont les remèdes de l’âme ; elles la sauvent pour l’avenir comme une opération chirurgicale douloureuse sauve la vie d’un malade et lui rend la santé. C’est pourquoi le Christ a dit : « Bienheureux les affligés, car ils seront consolés. »

41. Dans vos afflictions regardez au-dessous de vous et non au- dessus ; songez à ceux qui souffrent encore plus que vous.

42. Le désespoir est naturel chez celui qui croit que tout finit avec la vie du corps : c’est un non-sens chez celui qui a foi en l’avenir.

43. L’homme est souvent l’artisan de son propre malheur ici-bas ; qu’il remonte à la source de ses infortunes, et il verra qu’elles sont pour la plupart le résultat de son imprévoyance, de son orgueil et de son avidité, et, par conséquent, de son infraction aux lois de Dieu.

44. La prière est un acte d’adoration. Prier Dieu, c’est penser à lui ; c’est se rapprocher de lui ; c’est se mettre en communication avec lui.

45. Celui qui prie avec ferveur et confiance est plus fort contre les tentations du mal, et Dieu lui envoie de bons Esprits pour l’assister. C’est un secours qui n’est jamais refusé quand il est demandé avec sincérité.

46.L’essentiel n’est pas de beaucoup prier, mais de bien prier. Certaines personnes croient que tout le mérite est dans la longueur de la prière, tandis qu’elles ferment les yeux sur leurs propres défauts. La prière est pour elles une occupation, un emploi du temps, mais non une étude d’elles-mêmes.

47. Celui qui demande à Dieu le pardon de ses fautes ne l’obtient qu’en changeant de conduite. Les bonnes actions sont la meilleure des prières, car les actes valent mieux que les paroles.

48. La prière est recommandée par tous les bons Esprits ; elle est, en outre, demandée par tous les Esprits imparfaits comme un moyen d’alléger leurs souffrances.

49. La prière ne peut changer les décrets de la Providence ; mais, en voyant qu’on s’intéresse à eux, les Esprits souffrants se sentent moins délaissés ; ils sont moins malheureux ; elle relève leur courage, exalte en eux le désir de s’élever par le repentir et la réparation, et peut les détourner de la pensée du mal. C’est en ce sens qu’elle peut non seulement alléger, mais abréger leurs souffrances.

50. Priez chacun selon vos convictions et le mode que vous croyez le plus convenable, car la forme n’est rien, la pensée est tout ; la sincérité et la pureté d’intention, c’est l’essentiel ; une bonne pensée vaut mieux que de nombreuses paroles, qui ressemblent au bruit d’un moulin et où le cœur n’est pour rien…

3) LE LIVRE DES ESPRITS, 1857

CONTENANT LES PRINCIPES DE LA DOCTRINE SPIRITE
SUR L’IMMORTALITE DE L’AME, LA NATURE DES ESPRITS ET LEURS RAPPORTS
AVEC LES HOMMES; LES LOIS MORALES, LA VIE PRESENTE, LA VIE
FUTURE ET L’AVENIR DE L’HUMANITE
Selon l’enseignement donné par les Esprits supérieurs
à l’aide de divers médiums
RECUEILLIS ET MIS EN ORDRE
PAR ALLAN KARDEC

LIVRE TROISIEME – LOIS MORALES > Chapitre I – Loi divine ou naturelle > Connaissance de la loi naturelle

625. Quel est le type le plus parfait que Dieu ait offert à l’homme pour lui servir de guide et de modèle ?
« Voyez Jésus. »

Jésus est pour l’homme le type de la perfection morale à laquelle peut prétendre l’humanité sur la terre. Dieu nous l’offre comme le plus parfait modèle, et la doctrine qu’il a enseignée est la plus pure expression de sa loi, parce qu’il était animé de l’esprit divin, et l’être le plus pur qui ait paru sur la terre.

Si quelques-uns de ceux qui ont prétendu instruire l’homme dans la loi de Dieu l’ont quelquefois égaré par de faux principes, c’est pour s’être laissé dominer eux-mêmes par des sentiments trop terrestres, et pour avoir confondu les lois qui régissent les conditions de la vie de l’âme avec celles qui régissent la vie du corps. Plusieurs ont donné comme lois divines ce qui n’était que des lois humaines créées pour servir les passions et dominer les hommes.

CONCLUSION – VII

Le spiritisme se présente sous trois aspects différents : le fait des manifestations, les principes de philosophie et de morale qui en découlent, et l’application de ces principes ; de là trois classes, ou plutôt trois degrés parmi les adeptes : 1° ceux qui croient aux manifestations et se bornent à les constater : c’est pour eux une science d’expérimentation ; 2° ceux qui en comprennent les conséquences morales ; 3° ceux qui pratiquent ou s’efforcent de pratiquer cette morale. Quel que soit le point de vue, scientifique ou moral, sous lequel on envisage ces phénomènes étranges, chacun comprend que c’est tout un nouvel ordre d’idées qui surgit, dont les conséquences ne peuvent être qu’une profonde modification dans l’état de l’humanité, et chacun comprend aussi que cette modification ne peut avoir lieu que dans le sens du bien…

CONCLUSION – VIII

Les Esprits, disent certaines personnes, nous enseignent-ils une morale nouvelle, quelque chose de supérieur à ce qu’a dit le Christ ? Si cette morale n’est autre que celle de l’Evangile, à quoi bon le spiritisme ? Ce raisonnement ressemble singulièrement à celui du calife Omar parlant de la bibliothèque d’Alexandrie : « Si elle ne contient, disait-il, que ce qu’il y a dans le Koran, elle est inutile, donc il faut la brûler ; si elle renferme autre chose, elle est mauvaise, donc il faut encore la brûler. » Non, le spiritisme ne renferme pas une morale différente de celle de Jésus ; mais nous demanderons à notre tour si, avant le Christ, les hommes n’avaient pas la loi donnée par Dieu à Moïse ? Sa doctrine ne se trouve-t-elle pas dans le Décalogue ? Dira-t-on, pour cela, que la morale de Jésus était inutile ? Nous demanderons encore à ceux qui dénient l’utilité de la morale spirite, pourquoi celle du Christ est si peu pratiquée, et pourquoi, ceux-là mêmes qui en proclament à juste titre la sublimité sont les premiers à violer la première de ses lois : La charité universelle. Les Esprits viennent non seulement la confirmer, mais ils nous en montrent l’utilité pratique ; ils rendent intelligibles et patentes des vérités qui n’avaient été enseignées que sous la forme allégorique ; et à côté de la morale, ils viennent définir les problèmes les plus abstraits de la psychologie.

Jésus est venu montrer aux hommes la route du vrai bien ; pourquoi Dieu, qui l’avait envoyé pour rappeler sa loi méconnue, n’enverrait-il pas aujourd’hui les Esprits pour la leur rappeler de nouveau et avec plus de précision, alors qu’ils l’oublient pour tout sacrifier à l’orgueil et à la cupidité ? Qui oserait poser des bornes à la puissance de Dieu et lui tracer ses voies ? Qui dit que, comme l’affirment les Esprits, les temps prédits ne sont pas accomplis, et que nous ne touchons pas à ceux où des vérités mal comprises ou faussement interprétées doivent être ostensiblement révélées au genre humain pour hâter son avancement ? N’y a-t-il pas quelque chose de providentiel dans ces manifestations qui se produisent simultanément sur tous les points du globe ? Ce n’est pas un seul homme, un prophète qui vient nous avertir, c’est de partout que la lumière surgit ; c’est tout un monde nouveau qui se déroule à nos yeux…

4) LE LIVRE DES MEDIUMS OU GUIDE DES MEDIUMS ET DES EVOCATEURS, 1861

PREMIERE PARTIE – NOTIONS PRELIMINAIRES > CHAPITRE III – METHODE

18. Le désir très naturel et très louable de tout adepte, désir qu’on ne saurait trop encourager, est de faire des prosélytes. C’est en vue de faciliter leur tâche que nous nous proposons d’examiner ici la marche la plus sûre, selon nous, pour atteindre ce but, afin de leur épargner des efforts inutiles.

Nous avons dit que le spiritisme est toute une science, toute une philosophie ; celui qui veut sérieusement le connaître doit donc, comme première condition, s’astreindre à une étude sérieuse, et se persuader que, pas plus que toute autre science, il ne peut s’apprendre en jouant. Le spiritisme, nous l’avons dit, touche à toutes les questions qui intéressent l’humanité ; son champ est immense, et c’est surtout dans ses conséquences qu’il convient de l’envisager. La croyance aux Esprits en forme sans doute la base, mais elle ne suffit pas plus pour faire un spirite éclairé, que la croyance en Dieu ne suffit pour faire un théologien. Voyons donc de quelle manière il convient de procéder à cet enseignement pour amener plus sûrement la conviction.

Que les adeptes ne soient point effrayés par ce mot d’enseignement ; il n’y a pas que l’enseignement donné du haut de la chaire ou de la tribune ; il y a aussi celui de la simple conversation. Toute personne qui cherche à en persuader une autre, soit par la voie des explications, soit par celles des expériences, fait de l’enseignement ; ce que nous désirons, c’est que sa peine porte des fruits, et c’est pour cela que nous croyons devoir donner quelques conseils, dont pourront également profiter ceux qui veulent s’instruire par eux-mêmes ; ils y trouveront le moyen d’arriver plus sûrement et plus promptement au but.

19. On croit généralement que pour convaincre, il suffit de montrer des faits ; cela semble en effet la marche la plus logique, et pourtant l’expérience montre que ce n’est pas toujours la meilleure, car on voit souvent des personnes que les faits les plus patents ne convainquent nullement. A quoi cela tient-il ? C’est ce que nous allons essayer de démontrer.

Dans le spiritisme, la question des Esprits est secondaire et consécutive ; ce n’est pas le point de départ, et là précisément est l’erreur dans laquelle on tombe, et qui souvent fait échouer vis-à-vis de certaines personnes. Les Esprits n’étant autre chose que les âmes des hommes, le véritable point de départ est donc l’existence de l’âme. Or, comment le matérialiste peut-il admettre que des êtres vivent en dehors du monde matériel, alors qu’il croit que lui-même n’est que matière ? Comment peut-il croire à des Esprits en dehors de lui, quand il ne croit pas en avoir un en lui ? En vain accumulerait-on à ses yeux les preuves les plus palpables, il les contestera toutes, parce qu’il n’admet pas le principe. Tout enseignement méthodique doit procéder du connu à l’inconnu ; pour le matérialiste, le connu c’est la matière ; partez donc de la matière, et tâchez avant tout, en la lui faisant observer, de le convaincre qu’en lui il y a quelque chose qui échappe aux lois de la matière ; en un mot, avant de le rendre SPIRITE, tâchez de le rendre SPIRITUALISTE ; mais pour cela, c’est un tout autre ordre de faits, un enseignement tout spécial auquel il faut procéder par d’autres moyens ; lui parler des Esprits avant qu’il soit convaincu d’avoir une âme, c’est commencer par où il faudrait finir, car il ne peut admettre la conclusion s’il n’admet pas les prémisses. Avant donc d’entreprendre de convaincre un incrédule, même par les faits, il convient de s’assurer de son opinion par rapport à l’âme, c’est-à-dire s’il croit à son existence, à sa survivance au corps, à son individualité après la mort ; si sa réponse est négative, ce serait peine perdue que de lui parler des Esprits. Voilà la règle ; nous ne disons pas qu’elle soit sans exception, mais alors c’est qu’il y a probablement une autre cause qui le rend moins réfractaire.

28. Parmi ceux qu’une étude directe a convaincus on peut distinguer :

1° Ceux qui croient purement et simplement aux manifestations. Le spiritisme est pour eux une simple science d’observation, une série de faits plus ou moins curieux ; nous les appellerons spirites expérimentateurs ;

2° Ceux qui voient dans le spiritisme autre chose que des faits ; ils en comprennent la partie philosophique ; ils admirent la morale qui en découle, mais ils ne la pratiquent pas. Son influence sur leur caractère est insignifiante ou nulle ; ils ne changent rien à leurs habitudes, et ne se priveraient pas d’une seule jouissance ; l’avare est toujours ladre, l’orgueilleux toujours plein de lui-même, l’envieux et le jaloux toujours hostiles ; pour eux la charité chrétienne n’est qu’une belle maxime ; ce sont les spirites imparfaits ;

3° Ceux qui ne se contentent pas d’admirer la morale spirite, mais qui la pratiquent et en acceptent toutes les conséquences. Convaincus que l’existence terrestre est une épreuve passagère, ils tâchent de mettre à profit ces courts instants pour marcher dans la voie du progrès qui seul peut les élever dans la hiérarchie du monde des Esprits, en s’efforçant de faire le bien et de réprimer leurs penchants mauvais ; leurs relations sont toujours sûres, car leur conviction les éloigne de toute pensée du mal. La charité est en toutes choses la règle de leur conduite ; ce sont là les vrais spirites ou mieux les spirites chrétiens.

4° Il y a enfin les spirites exaltés. L’espèce humaine serait parfaite si elle ne prenait jamais que le bon côté des choses. L’exagération en tout est nuisible ; en spiritisme elle donne une confiance trop aveugle et souvent puérile dans les choses du monde invisible, et fait accepter trop facilement et sans contrôle ce dont la réflexion et l’examen démontreraient l’absurdité ou l’impossibilité ; mais l’enthousiasme ne réfléchit pas ; il éblouit. Cette sorte d’adeptes est plus nuisible qu’utile à la cause du spiritisme ; ce sont les moins propres à convaincre, parce qu’on se défie avec raison de leur jugement ; ils sont de très bonne foi dupes, soit des Esprits mystificateurs, soit des hommes qui cherchent à exploiter leur crédulité. S’ils devaient en subir seuls les conséquences, il n’y aurait que demi-mal ; le pis, c’est qu’ils donnent sans le vouloir des armes aux incrédules qui cherchent bien plutôt les occasions de railler que de se convaincre, et ne manquent pas d’imputer à tous le ridicule de quelques-uns. Cela n’est sans doute ni juste ni rationnel ; mais, on le sait, les adversaires du spiritisme ne reconnaissent que leur raison comme étant de bon aloi, et connaître à fond ce dont ils parlent est le moindre de leurs soucis.

31. Pour procéder, dans l’enseignement du spiritisme, comme on le ferait pour les sciences ordinaires, il faudrait passer en revue toute la série des phénomènes qui peuvent se produire, en commençant par les plus simples, et arriver successivement aux plus compliqués ; or, c’est ce qui ne se peut pas, car il serait impossible de faire un cours de spiritisme expérimental comme on fait un cours de physique et de chimie. Dans les sciences naturelles on opère sur la matière brute qu’on manipule à volonté, et l’on est à peu près toujours certain de pouvoir en régler les effets ; dans le spiritisme on a affaire à des intelligences qui ont leur liberté, et nous prouvent à chaque instant qu’elles ne sont pas soumises à nos caprices ; il faut donc observer, attendre les résultats, les saisir au passage ; aussi disons-nous hautement que quiconque se flatterait de les obtenir à volonté ne peut être qu’un ignorant ou un imposteur ; c’est pourquoi le spiritisme VRAI ne se mettra jamais en spectacle et ne montera jamais sur les tréteaux. Il y a même quelque chose d’illogique à supposer que des Esprits viennent faire la parade et se soumettre à l’investigation comme des objets de curiosité. Les phénomènes peuvent donc, ou faire défaut lorsqu’on en aurait besoin, ou se présenter dans un tout autre ordre que celui qu’on désire. Ajoutons encore que, pour les obtenir, il faut des personnes douées de facultés spéciales, et que ces facultés varient à l’infini selon l’aptitude des individus ; or, comme il est extrêmement rare que la même personne ait toutes les aptitudes, c’est une difficulté de plus, car il faudrait toujours avoir sous la main une véritable collection de médiums, ce qui n’est guère possible.

5) L’EVANGILE SELON LE SPIRITISME, 1864

INTRODUCTION
I. BUT DE CET OUVRAGE

On peut diviser les matières contenues dans les Evangiles en cinq parties : Les actes ordinaires de la vie du Christ, les miracles, les prédictions, les paroles qui ont servi à l’établissement des dogmes de l’Eglise et l’enseignement moral. Si les quatre premières parties ont été l’objet de controverses, la dernière est demeurée inattaquable. Devant ce code divin, l’incrédulité elle-même s’incline ; c’est le terrain où tous les cultes peuvent se rencontrer, le drapeau sous lequel tous peuvent s’abriter, quelles que soient leurs croyances, car elle n’a jamais fait le sujet des disputes religieuses, toujours et partout soulevées par les questions de dogme ; en les discutant, d’ailleurs, les sectes y eussent trouvé leur propre condamnation, car la plupart se sont plus attachées à la partie mystique qu’à la partie morale, qui exige la réforme de soi-même. Pour les hommes en particulier, c’est une règle de conduite embrassant toutes les circonstances de la vie privée ou publique, le principe de tous les rapports sociaux fondés sur la plus rigoureuse justice ; c’est enfin, et par-dessus tout, la route infaillible du bonheur à venir, un coin du voile levé sur la vie future. C’est cette partie qui fait l’objet exclusif de cet ouvrage.

Tout le monde admire la morale évangélique ; chacun en proclame la sublimité et la nécessité, mais beaucoup le font de confiance, sur ce qu’ils en ont entendu dire, ou sur la foi de quelques maximes devenues proverbiales ; mais peu la connaissent à fond, moins encore la comprennent et savent en déduire les conséquences. La raison en est en grande partie dans la difficulté que présente la lecture de l’Evangile, inintelligible pour le plus grand nombre. La forme allégorique, le mysticisme intentionnel du langage, font que la plupart le lisent par acquit de conscience et par devoir, comme ils lisent les prières sans les comprendre, c’est-à-dire sans fruit. Les préceptes de morale, disséminés çà et là, confondus dans la masse des autres récits, passent inaperçus ; il devient alors impossible d’en saisir l’ensemble, et d’en faire l’objet d’une lecture et d’une méditation séparées.

On a fait, il est vrai, des traités de morale évangélique, mais l’arrangement en style littéraire moderne leur ôte la naïveté primitive qui en fait à la fois le charme et l’authenticité. Il en est de même des maximes détachées, réduites à leur plus simple expression proverbiale ; ce ne sont plus alors que des aphorismes qui perdent une partie de leur valeur et de leur intérêt, par l’absence des accessoires et des circonstances dans lesquelles ils ont été donnés.

Pour obvier à ces inconvénients, nous avons réuni dans cet ouvrage les articles qui peuvent constituer, à proprement parler, un code de morale universelle, sans distinction de culte ; dans les citations, nous avons conservé tout ce qui était utile au développement de la pensée, n’élaguant que les choses étrangères au sujet. Nous avons en outre scrupuleusement respecté la traduction originale de Sacy, ainsi que la division par versets. Mais, au lieu de nous attacher à un ordre chronologique impossible et sans avantage réel dans un pareil sujet, les maximes ont été groupées et classées méthodiquement selon leur nature, de manière à ce qu’elles se déduisent autant que possible les unes des autres. Le rappel des numéros d’ordre des chapitres et des versets permet de recourir à la classification vulgaire, si on le juge à propos.

Ce n’était là qu’un travail matériel qui, seul, n’eût été que d’une utilité secondaire ; l’essentiel était de le mettre à la portée de tous, par l’explication des passages obscurs, et le développement de toutes les conséquences en vue de l’application aux différentes positions de la vie. C’est ce que nous avons essayé de faire avec l’aide des bons Esprits qui nous assistent.

Beaucoup de points de l’Evangile, de la Bible et des auteurs sacrés en général, ne sont inintelligibles, beaucoup même ne paraissent irrationnels que faute de la clef pour en comprendre le véritable sens ; cette clef est tout entière dans le Spiritisme, ainsi qu’ont déjà pu s’en convaincre ceux qui l’ont étudié sérieusement, et ainsi qu’on le reconnaîtra mieux encore plus tard. Le Spiritisme se retrouve partout dans l’antiquité et à tous les âges de l’humanité : partout on en trouve des traces dans les écrits, dans les croyances et sur les monuments ; c’est pour cela que, s’il ouvre des horizons nouveaux pour l’avenir, il jette une lumière non moins vive sur les mystères du passé.

Comme complément de chaque précepte, nous avons ajouté quelques instructions choisies parmi celles qui ont été dictées par les Esprits en divers pays, et par l’entremise de différents médiums. Si ces instructions fussent sorties d’une source unique, elles auraient pu subir une influence personnelle ou celle du milieu, tandis que la diversité d’origines prouve que les Esprits donnent leurs enseignements partout, et qu’il n’y a personne de privilégié sous ce rapport. *

Cet ouvrage est à l’usage de tout le monde ; chacun peut y puiser les moyens de conformer sa conduite à la morale du Christ. Les spirites y trouveront en outre les applications qui les concernent plus spécialement. Grâce aux communications établies désormais d’une manière permanente entre les hommes et le monde invisible, la loi évangélique, enseignée à toutes les nations par les Esprits eux-mêmes, ne sera plus une lettre morte, parce que chacun la comprendra, et sera incessamment sollicité de la mettre en pratique par les conseils de ses guides spirituels. Les instructions des Esprits sont véritablement les voix du ciel qui viennent éclairer les hommes et les convier à la pratique de l’Evangile.

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* Nous aurions pu, sans doute, donner sur chaque sujet un plus grand nombre de communications obtenues dans une multitude d’autres villes et centres spirites que ceux que nous citons ; mais nous avons dû, avant tout, éviter la monotonie des répétitions inutiles, et limiter notre choix à celles qui, pour le fond et pour la forme, rentraient plus spécialement dans le cadre de cet ouvrage, réservant pour des publications ultérieures celles qui n’ont pu trouver place ici.

Quant aux médiums, nous nous sommes abstenu d’en nommer aucun ; pour la plupart, c’est sur leur demande qu’ils n’ont pas été désignés, et dès lors il ne convenait pas de faire des exceptions. Les noms des médiums n’auraient d’ailleurs ajouté aucune valeur à l’oeuvre des Esprits ; ce n’eût donc été qu’une satisfaction d’amour-propre à laquelle les médiums vraiment sérieux ne tiennent nullement ; ils comprennent que, leur rôle étant purement passif, la valeur des communications ne rehausse en rien leur mérite personnel, et qu’il serait puéril de tirer vanité d’un travail d’intelligence auquel on ne prête qu’un concours mécanique.

6) LE CIEL ET L’ENFER OU LA JUSTICE DIVINE SELON LE SPIRITISME, 1865

PRÉFACE

Le titre de cet ouvrage en indique clairement l’objet. Nous y avons réuni tous les éléments propres à éclairer l’homme sur sa destinée. Gomme dans nos] autres écrits sur la doctrine spirite, nous n’y avonsj rien mis qui soit le produit d’un système préconçu ou d’une conception personnelle qui n’aurait aucune autorité : tout y est déduit de l’observation et de lacon-! cordance des faits.

Le Livre des Esprits contient les bases fondamentales du spiritisme ; c’est la pierre angulaire de l’édifice ; tous les principes de la doctrine y sont posés, jusqu’à ceux qui doivent en faire le couronnement; mais il fallait en donner les développements, en déduire toutes les conséquences et toutes les applications, à mesure qu’elles se déroulaient par l’enseignement complémentaire des Esprits, et par de nouvelles observations ; c’est ce que nous avons fait dans le Livre des Médiums et dans Y Évangile selon le spiritisme à des points de vue spéciaux; c’est ce que nous faisons dans cet ouvrage, à un autre point de vue, et c’est ce que nous ferons successivement dans ceux qui nous restent à publier, et qui viendront en leur temps. Les idées nouvelles ne fructifient que lorsque la terre est préparée pour les recevoir ; or, par cette terre préparée, il ne faut pas entendre quelques intelligences précoces qui ne donneraient que des fruits isolés, mais un certain ensemble dans la prédisposition générale, afin que, non-seulement elle donne des fruits plus abondants, mais que l’idée, trouvant un plus grand nombre de points d’appui, rencontre moins d’opposition, et soit plus forte pour résister à ses antagonistes. L’Évangile selon le spiritisme était déjà un pas en avant ; le Ciel et F Enfer est un pas de plus dont • la portée sera facilement comprise, car il touche au vif de certaines questions, mais il ne devait pas venir plus tôt.

Si l’on considère l’époque à laquelle est arrivé le spiritisme, on reconnaît sans peine qu’il est venu en temps opportun, ni trop tôt, ni trop tard; plus tôt, il eût avorté, parce que, les sympathies n’étant pas assez nombreuses, il eût succombé sous les coups de ses adversaires ; plus tard, il eût manqué l’occasion favorable de se produire ; les idées auraient pu prendre un autre cours dont il eût été difficile de les détourner. Il fallait laisser aux vieilles idées le temps de s’user et de prouver leur insuffisance, avant d’en présenter de nouvelles.

Les idées prématurées avortent, parce qu’on n’est pas mûr pour les comprendre, et que le besoin d’un changement de position ne se fait pas encore sentir. Aujourd’hui il est évident pour tout le monde qu’un”‘ immense mouvement se manifeste dans l’opinion ; une I réaction formidable s’opère dans le sens progressif/ contre l’esprit stationnaire ou rétrograde de la routine *, les satisfaits de la veille sont les impatients du lendemain. L’humanité est dans le travail de l’enfantement ; il y a dans l’air quelque chose, une force irrésistible qui la pousse en avant; elle est comme un jeune homme sorti de l’adolescence qui entrevoit de nouveaux horizons sans les définir, et secoue les langes de l’enfance. On veut quelque chose de mieux, des aliments plus solides pour la raison ; mais ce mieux est encore dans le vague; on le cherche ; tout le monde y travaille, depuis le croyant jusqu’à l’incrédule, depuis le laboureur jusqu’au savant. L’univers est un vaste chantier; les uns démolissent, les autres reconstruisent; chacun taille une pierre pour le nouvel édifice dont le grand Architecte possède seul le plan définitif, et dont on ne comprendra l’économie que lorsque ses formes commenceront à se dessiner au-dessus de la surface du sol. C’est ce moment que la souveraine sagesse a choisi pour l’avènement du spiritisme.

Les Esprits qui président au grand mouvement ré- générateur agissent donc avec plus de sagesse et de prévoyance que ne peuvent le faire les hommes, parce qu’ils embrassent la marche générale des événements, tandis que nous ne voyons que le cercle borné de notre horizon. Les temps de la rénovation étant arrivés, selon les décrets divins, il fallait qu’au milieu des ruines du vieil édifice, l’homme, pour ne pas se décourager, entrevit les assises du nouvel ordre de choses; il fallait que le matelot pût apercevoir l’étoile polaire qui doit le guider vers le port.

La sagesse des Esprits qui s’est montrée dans l’apparition du spiritisme, révélé presque instantanément par toute la terre, à l’époque la plus propice, n’est pas moins évidente dans l’ordre et la gradation logiques des révélations complémentaires successives. Il ne dépend de persçnne de contraindre leur volonté à cet égard, car ils ne mesurent pas leurs enseignements au gré de l’impatience des hommes. Il ne nous suffit pas de dire : « Nous voudrions avoir telle chose, » pour qu’elle soit donnée; et encore moins nous convient-il de dire à Dieu : « Nous jugeons que le moment est venu pour vous de nous donner telle chose ; nous nous jugeons nous-mêmes assez avancés pour la recevoir ; » car ce serait lui dire : « Nous savons mieux que vous ce qu’il convient de faire. » Aux impatients, les Esprits répondent : « Commencez d’abord par bien savoir, bien comprendre, et surtout bien pratiquer ce que vous savez, afin que Dieu vous juge dignes d’en apprendre davantage; puis, quand le moment sera venu, nous saurons agir et choisirons nos instruments. »

La première partie de cet ouvrage, intitulée Doctrine, contient l’examen comparé des diverses croyances sur le ciel et sur l’enfer, les anges et les démons, les peines et les récompenses futures ; le dogme des peines étert nellcs y est envisagé d’une manière spéciale, et réfuté par des arguments tirés des lois mêmes de la nature, et qui en démontrent, non-seulement le côté illogique, déjà signalé cent fois, mais l’impossibilité matérielle. Avec les peines éternelles tombent naturellement les conséquences qu’on avait cru pouvoir en tirer.

La seconde partie renferme de nombreux exemples à l’appui de la théorie, ou mieux qui ont servi à établir la théorie. Ils puisent leur autorité dans la diversité des temps et des lieux où ils ont été obtenus, car s’ils émanaient d’une seule source, on pourrait les regarder comme le produit d’une même influence ; ils la puisent, en outre, dans leur concordance avec ce qui s’obtient tous les jours partout où l’on s’occupe des manifestations spirites à. un point de vue sérieux et philosophique. Ces exemples auraient pu être multipliés à l’infini, car il n’est pas de centre spirite qui ne puisse en fournir un notable contingent. Pour éviter des ré- pétitions fastidieuses, nous avons dû faire un choix parmi les plus instructifs. Chacun de ces exemples est une étude, où toutes les paroles ont leur portée pour quiconque les méditera avec attention, car de chaque point jaillit une lumière sur la situation de l’âme après la mort, et le passage, jusqu’alors si obscur et si redouté, de la vie corporelle à la vie spirituelle. C’est le guide du voyageur avant d’entrer dans un pays nout veau. La vie d’outre-tombe s’y déroule sous tous ses aspects, comme un vaste panorama ; chacun y puisera de nouveaux motifs d’espérance et de consolation, et de nouveaux soutiens pour affermir sa foi en l’avenir et en la justice de Dieu.

Dans ces exemples, pris pour la plupart dans des faits contemporains, nous avons dissimulé les noms propres toutes les fois que nous l’avons jugé utile, par des motifs de convenance faciles à apprécier. Ceux que ces exemples peuvent intéresser les reconnaîtront facilement; pour le public, des noms plus ou moins connus, et quelquefois très obscurs, n’eussent rien ajouté à l’instruction qu’on en peut retirer.

Les mêmes raisons qui nous ont fait taire les noms des médiums dans l’ Êvangile selon le spiritisme, nous ont fait nous abstenir de les nommer dans cet ouvrage, fait pour l’avenir plus encore que pour le présent. Ils y sont d’autant moins intéressés qu’ils ne sauraient s’attribuer le mérite d’une chose à laquelle leur propre esprit n’a participé en rien. La médiumnité, d’ailleurs, n’est point inféodée dans tel ou tel individu ; c’est une faculté fugitive, subordonnée à la volonté des Esprits qui veulent se communiquer, que l’on possède aujourd’hui et qui peut faire défaut le lendemain, qui n’est jamais applicable à tous les Esprits sans distinction, et, par cela même, ne constitue point un mérite personnel comme le serait un talent acquis par le travail et les efforts de l’intelligence. Les médiums sincères, ceux qui comprennent la gravité de leur mission, se considèrent comme des instruments que la volonté de Dieu peut briser quand il lui plaît, s’ils n’agissent pas selon ses vues; ils sont heureux d’une faculté qui leur permet de se rendre utiles, mais ils n’en tirent aucune vanité. Du reste, nous nous sommes conformé sur ce point aux conseils de nos guides spirituels.

La Providence a voulu que la nouvelle révélation ne fût le privilège de personne, mais qu’elle eût ses organes par toute la terre, dans toutes les familles, chez les grands comme chez les petits, selon cette parole dont les médiums de nos jours sont l’accomplissement : « Dans les derniers temps, dit le Seigneur, je répandrai 1 de mon Esprit sur toute chair; vos fils et vos filles prophétiseront; vos jeunes gens auront des visions et J vos vieillards auront des songes. En ces jours-là, je répandrai de mon Esprit sur mes serviteurs et sur mes servantes, et ils prophétiseront. » (Actes, ch. II, v. 17, 18.)

Mais il est dit aussi : « Il y aura de faux Christs et de faux prophètes. » (Voir l’ Êvangilee selon le spiritisme, ch. XXI.)

Or ces derniers temps sont arrivés ; ce n’est point la fin du monde matériel, comme on l’a cru, mais la fin du monde moral l’est-à-dire l’ère de la régénération.

7) LA GENESE LES MIRACLES ET LES PREDICTIONS SELON LE SPIRITISME, 1868

CHAPITRE II – Dieu.
Existence de Dieu. – De la nature divine. – La Providence. – La vue de Dieu.

EXISTENCE DE DIEU.

1.- Dieu étant la cause première de toutes choses, le point de départ de tout, le pivot sur lequel repose l’édifice de la création, c’est le point qu’il importe de considérer avant tout.

2.- Il est de principe élémentaire qu’on juge d’une cause par ses effets, alors même qu’on ne voit pas la cause.

Si un oiseau fendant l’air est atteint d’un plomb mortel, on juge qu’un habile tireur l’a frappé, quoiqu’on ne voie pas le tireur. Il n’est donc pas toujours nécessaire d’avoir vu une chose pour savoir qu’elle existe. En tout, c’est en observant les effets qu’on arrive à la connaissance des causes.

3.- Un autre principe tout aussi élémentaire, et passé à l’état d’axiome à force de vérité, c’est que tout effet intelligent doit avoir une cause intelligente.

Si l’on demandait quel est le constructeur de tel ingénieux mécanisme, que penserait-on de celui qui répondrait qu’il s’est fait tout seul ? Lorsqu’on voit un chef-d’oeuvre de l’art ou de l’industrie, on dit que ce doit être le produit d’un homme de génie, parce qu’une haute intelligence a dû présider à sa conception ; on juge néanmoins qu’un homme a dû le faire, parce qu’on sait que la chose n’est pas au-dessus de la capacité humaine, mais il ne viendra à personne la pensée de dire qu’elle est sortie du cerveau d’un idiot ou d’un ignorant, et encore moins qu’elle est le travail d’un animal ou le produit du hasard.

4.- Partout on reconnaît la présence de l’homme à ses ouvrages. L’existence des hommes antédiluviens ne se prouverait pas seulement par des fossiles humains, mais aussi, et avec autant de certitude, par la présence dans les terrains de cette époque, d’objets travaillés par les hommes ; un fragment de vase, une pierre taillée, une arme, une brique suffiront pour attester leur présence. A la grossièreté ou à la perfection du travail, on reconnaîtra le degré d’intelligence et d’avancement de ceux qui l’ont accompli. Si donc, vous trouvant dans un pays habité exclusivement par des sauvages, vous découvriez une statue digne de Phidias, vous n’hésiteriez pas à dire que des sauvages étant incapables de l’avoir faite, elle doit être l’oeuvre d’une intelligence supérieure à celle des sauvages.

5.- Eh bien ! en jetant les yeux autour de soi, sur les oeuvres de la nature, en observant la prévoyance, la sagesse, l’harmonie qui président à toutes, on reconnaît qu’il n’en est aucune qui ne dépasse la plus haute portée de l’intelligence humaine. Dès lors que l’homme ne peut les produire, c’est qu’elles sont le produit d’une intelligence supérieure à l’humanité, à moins de dire qu’il y a des effets sans cause.

6.- A cela, quelques-uns opposent le raisonnement suivant :

Les oeuvres dites de la nature sont le produit de forces matérielles qui agissent mécaniquement, par suite des lois d’attraction et de répulsion ; les molécules des corps inertes s’agrègent et se désagrègent sous l’empire de ces lois. Les plantes naissent, poussent, croissent et se multiplient toujours de la même manière, chacune dans son espèce, en vertu de ces mêmes lois ; chaque sujet est semblable à celui d’où il est sorti ; la croissance, la floraison, la fructification, la coloration sont subordonnées à des causes matérielles, telles que la chaleur, l’électricité, la lumière, l’humidité, etc. Il en est de même des animaux. Les astres se forment par l’attraction moléculaire, et se meuvent perpétuellement dans leurs orbites par l’effet de la gravitation. Cette régularité mécanique dans l’emploi des forces naturelles n’accuse point une intelligence libre. L’homme remue son bras quand il veut et comme il veut, mais celui qui le remuerait dans le même sens depuis sa naissance jusqu’à sa mort serait un automate ; or, les forces organiques de la nature sont purement automatiques.

Tout cela est vrai ; mais ces forces sont des effets qui doivent avoir une cause, et nul ne prétend qu’elles constituent la Divinité. Elles sont matérielles et mécaniques ; elles ne sont point intelligentes par elles-mêmes, cela est encore vrai ; mais elles sont mises en oeuvre, distribuées, appropriées pour les besoins de chaque chose par une intelligence qui n’est point celle des hommes. L’utile appropriation de ces forces est un effet intelligent qui dénote une cause intelligente. Une pendule se meut avec une régularité automatique, et c’est cette régularité qui en fait le mérite. La force qui la fait agir est toute matérielle et nullement intelligente, mais que serait cette pendule si une intelligence n’avait combiné, calculé l’emploi de cette force pour la faire marcher avec précision ? De ce que l’intelligence n’est pas dans le mécanisme de la pendule, et de ce qu’on ne la voit pas, serait-il rationnel de conclure qu’elle n’existe pas ? On la juge à ses effets.

L’existence de l’horloge atteste l’existence de l’horloger ; l’ingéniosité du mécanisme atteste l’intelligence et le savoir de l’horloger. Quand une pendule vous donne à point nommé le renseignement dont vous avez besoin, est-il jamais venu à la pensée de quelqu’un de dire : Voilà une pendule bien intelligente ?

Ainsi en est-il du mécanisme de l’univers ; Dieu ne se montre pas, mais il s’affirme par ses oeuvres.

7.- L’existence de Dieu est donc un fait acquis, non seulement par la révélation, mais par l’évidence matérielle des faits. Les peuples sauvages n’ont pas eu de révélation, et cependant ils croient instinctivement à l’existence d’une puissance surhumaine ; ils voient des choses qui sont au-dessus du pouvoir humain, et ils en concluent qu’elles proviennent d’un être supérieur à l’humanité. Ne sont-ils pas plus logiques que ceux qui prétendent qu’elles se sont faites toutes seules ?

8) VOYAGE SPIRITE EN 1862

IMPRESSIONS GENERALES

…Par désintéressement moral, nous entendons l’abnégation, l’humilité, l’absence de toute prétention orgueilleuse, de toute pensée de domination à l’aide du Spiritisme. Il serait superflu de parler du désintéressement matériel, parce que cela va de source, et en outre parce que nous avons vu partout une répulsion instinctive contre toute idée de spéculation, qui serait regardée comme un sacrilège. Les médiums intéressés et de profession sont inconnus partout où nous sommes allés, à l’exception d’une seule ville qui en compte quelques-uns. Celui qui, à Bordeaux ou ailleurs, ferait métier de sa faculté, n’inspirerait aucune confiance ; bien plus, il serait repoussé par tous les groupes. Nous constatons le sentiment que nous avons remarqué.

Un autre trait caractéristique de cette époque, c’est le nombre incalculable et sans cesse croissant des adeptes qui n’ont rien vu et qui n’en sont pas moins fervents, parce qu’ils ont lu et compris. A Cette, par exemple, ils ne connaissent les médiums que de nom et par les livres, et pourtant il est difficile de rencontrer plus de foi et de ferveur. L’un d’eux nous demandait si cette facilité à accepter la doctrine sur la simple théorie était un bien ou un mal, si elle était le propre d’un esprit sérieux ou superficiel. Nous lui répondîmes que la facilité à accepter l’idée est un indice de la facilité à la comprendre ; qu’elle peut être innée comme toute autre idée, et qu’il suffit alors d’une étincelle pour la faire sortir de son état latent. Cette facilité à comprendre dénote un développement antérieur dans ce sens; il y aurait légèreté à l’accepter sur parole et en aveugle ; mais il n’en est pas ainsi de ceux qui ne l’adoptent qu’après avoir étudié et compris : ils voient par les yeux de l’intelligence ce que d’autres ne voient que par les yeux du corps. Cela prouve qu’ils attachent plus d’importance au fond qu’à la forme ; pour eux, la philosophie est le principal ; le fait même des manifestations est accessoire. Cette philosophie leur explique ce qu’aucune autre n’a pu leur expliquer ; elle satisfait leur raison par sa logique, comble en eux le vide du doute, et cela leur suffit ; c’est pourquoi ils la préfèrent à toute autre.

Il est rare que ceux qui sont dans cette catégorie ne soient pas de bons et vrais Spirites, parce qu’il y a en eux le germe de la foi, étouffé momentanément par les préjugés terrestres. Au reste, les motifs de conviction varient selon les individus. Aux uns, il faut des preuves matérielles ; à d’autres, les preuves morales suffisent. Or, il en est qui ne sont convaincus ni par les unes ni par les autres ; ces nuances sont un diagnostic de la nature de leur esprit. Dans tous les cas, il faut peu compter sur ceux qui disent : « Je ne croirai que si l’on produit telle chose », et pas du tout sur ceux qui croient au-dessous d’eux de se donner la peine d’étudier et d’observer. Quant à ceux qui disent « Quand même je verrais, je ne croirais pas, parce que je sais que c’est impossible », il est inutile d’en parler, et plus inutile encore de perdre son temps avec eux.

C’est sans doute beaucoup de croire, mais la croyance seule est insuffisante si elle n’amène pas de résultats, et il y en a malheureusement beaucoup dans ce cas, c’est-à-dire pour qui le Spiritisme n’est qu’un fait, une belle théorie, une lettre morte qui n’amène en eux aucun changement ni dans leur caractère, ni dans leurs habitudes ; mais à côté des Spirites simplement croyants ou sympathiques à l’idée, il y a les Spirites de coeur, et nous sommes heureux d’en avoir rencontré beaucoup. Nous avons vu des transformations qu’on peut dire miraculeuses ; nous avons recueilli d’admirables exemples de zèle, d’abnégation et de dévouement, de nombreux traits de charité vraiment évangélique, qu’on pourrait à juste titre appeler : Beaux traits du Spiritisme. Aussi les réunions exclusivement composées de vrais et sincères Spirites, de ceux en qui parle le coeur, présentent-elles un aspect tout spécial ; toutes les physionomies reflètent la franchise et la cordialité ; on se sent à l’aise dans ces milieux sympathiques, vrais temples de la fraternité. Les Esprits s’y plaisent autant que les hommes, et c’est là qu’ils sont le plus expansifs, qu’ils donnent leurs instructions intimes. Dans celles, au contraire, où il y a divergence dans les sentiments, où les intentions ne sont pas toutes pures, où l’on voit le sourire sardonique et dédaigneux sur certaines lèvres, où l’on sent le souffle du mauvais vouloir et de l’orgueil, où l’on craint à chaque instant de marcher sur le pied de la vanité blessée, il y a toujours gêne, contrainte et défiance. Là, les Esprits sont eux-mêmes plus réservés, et les médiums souvent paralysés par l’influence des mauvais fluides qui pèsent sur eux comme un manteau de glace. Nous avons eu le bonheur d’assister à de nombreuses réunions de la première catégorie, et nous avons inscrit avec joie ces séances sur nos tablettes comme un des plus agréables souvenirs qui nous soient restés de notre voyage. Les réunions de cette nature se multiplieront sans aucun doute à mesure que le véritable but du Spiritisme sera mieux compris ; ce sont aussi celles qui font la plus solide et la plus fructueuse propagande, parce qu’elles s’adressent aux gens sérieux, et qu’elles préparent la réforme morale de l’humanité en prêchant d’exemple.

Il est remarquable que les enfants élevés dans ces idées ont une raison précoce qui les rend infiniment plus faciles à gouverner ; nous en avons vu beaucoup, de tout âge et des deux sexes, dans les diverses familles spirites où nous avons été reçu, et nous avons pu le constater par nous-mêmes. Cela ne leur ôte ni la gaieté naturelle, ni l’enjouement ; mais il n’y a pas chez eux cette turbulence, cette opiniâtreté ces caprices qui en rendent tant d’autres insupportables ; ils ont, au contraire, un fonds de docilité, de douceur et de respect filial qui les porte à obéir sans effort, et les rend plus studieux ; c’est ce que nous avons remarqué, et cette observation nous a été généralement confirmée. Si nous pouvions analyser ici les sentiments que ces croyances tendent à développer en eux, on concevrait aisément le résultat qu’ils doivent produire ; nous dirons seulement que la conviction qu’ils ont de la présence de leurs grands-parents qui sont là, à côté d’eux, et peuvent sans cesse les voir, les impressionne bien plus vivement que la peur du diable, auquel ils finissent bientôt par ne plus y croire, tandis qu’ils ne peuvent douter de ce dont ils sont témoins tous les jours dans le sein de la famille. C’est donc une génération spirite qui s’élève, et qui va sans cesse s’augmentant. Ces enfants, à leur tour, élevant leurs enfants dans ces principes, tandis que les vieux préjugés s’en vont avec les vieilles générations, il est évident que l’idée spirite sera un jour la croyance universelle.

Un fait non moins caractéristique de l’état actuel du Spiritisme, c’est le développement du courage de l’opinion. S’il est encore des adeptes retenus par la crainte, le nombre en est vraiment bien peu considérable aujourd’hui à côté de ceux qui avouent hautement leurs croyances et ne craignent pas plus de se dire Spirites que de se dire catholiques, juifs ou protestants. L’arme du ridicule a fini par s’émousser à force de frapper sans faire brèche, et devant tant de personnes notables qui arborent hautement la nouvelle philosophie, elle a dû s’abaisser. Une seule arme reste encore suspendue : c’est l’idée du diable ; mais c’est le ridicule lui-même qui en fait justice. Du reste, ce n’est pas seulement ce genre de courage que nous avons remarqué, c’est aussi celui de l’action, du dévouement et du sacrifice, c’est-à-dire de ceux qui se mettent résolument à la tête du mouvement des idées nouvelles dans certaines localités, en payant de leur personne et en bravant les menaces et les persécutions. Ils savent que, si les hommes leur font du mal dans cette courte vie, Dieu ne les oubliera pas.

L’obsession est, comme on le sait, un des grands écueils du Spiritisme ; nous ne pouvions donc négliger un point aussi capital. Nous avons recueilli à ce sujet d’importantes observations qui feront l’objet d’un article spécial de la Revue, dans lequel nous parlerons des possédés de Morzine, que nous avons aussi été visiter dans la Haute Savoie. Nous dirons seulement ici que les cas d’obsession sont très rares chez ceux qui ont fait une étude préalable et attentive du Livre des Médiums et se sont identifiés avec les principes qu’il renferme, parce qu’ils se tiennent sur leurs gardes, épiant les moindres signes qui pourraient trahir la présence d’un Esprit suspect. Nous avons vu quelques groupes qui sont évidemment sous une influence abusive, parce qu’ils s’y complaisent et y donnent prise par une confiance trop aveugle et certaines dispositions morales ; d’autres, au contraire, ont une telle crainte d’être abusés qu’ils poussent la défiance pour ainsi dire à l’excès, scrutant avec un soin méticuleux toutes les paroles et toutes les pensées, préférant rejeter ce qui est douteux que de s’exposer à admettre ce qui serait mauvais ; aussi les Esprits trompeurs, voyant qu’ils n’ont rien à faire là, finissent par s’en aller, et vont se dédommager auprès de ceux qu’ils savent moins difficiles, et où ils trouvent quelques faiblesses et quelques travers d’esprit à exploiter. L’excès en tout est nuisible ; mais en pareil cas, il vaut encore mieux pécher par trop de prudence que par trop de confiance.

Un autre résultat de notre voyage a été de nous permettre de juger l’opinion concernant certaines publications qui s’écartent plus ou moins de nos principes, et dont quelques-unes même y sont franchement hostiles.

Disons tout d’abord que nous avons rencontré une approbation unanime pour notre silence à l’égard des attaques qui nous sont personnelles, et que nous recevons journellement des lettres de félicitation à ce sujet. Dans plusieurs des discours qui ont été prononcés, on a hautement applaudi à notre modération ; l’un d’eux, entre autres, contient le passage suivant : « La malveillance de vos ennemis produit un effet tout contraire à ce qu’ils en attendent, c’est de vous grandir encore aux yeux de vos nombreux disciples et de resserrer les liens qui les unissent à vous ; par votre indifférence vous montrez que vous avez le sentiment de votre force. En opposant la mansuétude aux injures, vous donnez un exemple dont nous saurons profiter. L’histoire, cher maître, comme vos contemporains, et mieux encore qu’eux, vous tiendra compte de cette modération quand elle constatera, par vos écrits, qu’aux provocations de l’envie et de la jalousie, vous n’avez opposé que la dignité du silence. Entre eux et vous, la postérité sera juge. »…

9) REVUE SPIRITE JOURNAL D’ETUDES PSYCHOLOGIQUES – de Janvier 1858 à Avril 1869 (12 années)

1858 > Janvier > Introduction

La rapidité avec laquelle se sont propagés dans toutes les parties du monde les phénomènes étranges des manifestations spirites est une preuve de l’intérêt qu’ils excitent. Simple objet de curiosité dans le principe, ils n’ont pas tardé à éveiller l’attention des hommes sérieux qui ont entrevu, dès l’abord, l’influence inévitable qu’ils doivent avoir sur l’état moral de la société. Les idées nouvelles qui en surgissent se popularisent chaque jour davantage, et rien n’en saurait arrêter le progrès, par la raison bien simple que ces phénomènes sont à la portée de tout le monde, ou à peu près, et que nulle puissance humaine ne peut les empêcher de se produire. Si on les étouffe sur un point, ils reparaissent en cent autres. Ceux donc qui pourraient y voir un inconvénient quelconque seront contraints, par la force des choses, d’en subir les conséquences, comme cela a lieu pour les industries nouvelles qui, à leur origine, froissent des intérêts privés, et avec lesquelles tout le monde finit par s’arranger, parce qu’on ne peut faire autrement. Que n’a-t-on pas fait et dit contre le magnétisme ! et pourtant toutes les foudres qu’on a lancées contre lui, toutes les armes dont on l’a frappé, même le ridicule, se sont émoussés devant la réalité, et n’ont servi qu’à le mettre de plus en plus en évidence. C’est que le magnétisme est une puissance naturelle, et que devant les forces de la nature, l’homme est un pygmée semblable à ces petits roquets qui aboient inutilement contre ce qui les effraie. Il en est des manifestations spirites comme du somnambulisme ; si elles ne se produisent pas au grand jour, publiquement, nul ne peut s’opposer à ce qu’elles aient lieu dans l’intimité, puisque chaque famille peut trouver un médium parmi ses membres, depuis l’enfant jusqu’au vieillard, comme elle peut trouver un somnambule. Qui donc pourrait empêcher la première personne venue d’être médium et somnambule ? Ceux qui combattent la chose n’ont sans doute pas réfléchi à cela. Encore une fois, quand une force est dans la nature, on peut l’arrêter un instant : l’anéantir, jamais ! on ne fait qu’en détourner le cours. Or la puissance qui se révèle dans le phénomène des manifestations, quelle qu’en soit la cause, est dans la nature, comme celle du magnétisme ; on ne l’anéantira donc pas plus qu’on ne peut anéantir la puissance électrique. Ce qu’il faut faire, c’est de l’observer, d’en étudier toutes les phases pour en déduire les lois qui la régissent. Si c’est une erreur, une illusion, le temps en fera justice ; si c’est la vérité, la vérité est comme la vapeur : plus on la comprime, plus grande est sa force d’expansion.

On s’étonne avec raison que, tandis qu’en Amérique, les Etats-Unis seuls possèdent dix-sept journaux consacrés à ces matières, sans compter une foule d’écrits non périodiques, la France, celle des contrées de l’Europe où ces idées se sont le plus promptement acclimatées, n’en possède pas un seul[1]. On ne saurait donc contester l’utilité d’un organe spécial qui tienne le public au courant des progrès de cette science nouvelle, et le prémunisse contre l’exagération de la crédulité, aussi bien que contre celle du scepticisme. C’est cette lacune que nous nous proposons de remplir par la publication de cette Revue, dans le but d’offrir un moyen de communication à tous ceux qui s’intéressent à ces questions, et de rattacher par un lien commun ceux qui comprennent la doctrine spirite sous son véritable point de vue moral : la pratique du bien et la charité évangélique à l’égard de tout le monde…

…La doctrine spirite nous offre enfin la seule solution possible et rationnelle d’une foule de phénomènes moraux et anthropologiques dont nous sommes journellement. témoins, et dont on chercherait vainement l’explication dans toutes les doctrines connues. Nous rangerons dans cette catégorie, par exemple, la simultanéité des pensées, l’anomalie de certains caractères, les sympathies et les antipathies, les connaissances intuitives, les aptitudes, les propensions, les destinées qui semblent empreintes de fatalité, et dans un cadre plus général, le caractère distinctif des peuples, leur progrès ou leur dégénérescence, etc. A la citation des faits nous ajouterons la recherche des causes qui ont pu les produire. De l’appréciation des actes, il ressortira naturellement d’utiles enseignements sur la ligne de conduite la plus conforme à la saine morale. Dans leurs instructions, les Esprits supérieurs ont toujours pour but d’exciter chez les hommes l’amour du bien par la pratique des préceptes évangéliques ; ils nous tracent par cela même la pensée qui doit présider à la rédaction de ce recueil.

Notre cadre, comme on le voit, comprend tout ce qui se rattache à la connaissance de la partie métaphysique de l’homme ; nous l’étudierons dans son état présent et dans son état futur, car étudier la nature des Esprits, c’est étudier l’homme, puisqu’il doit faire un jour partie du monde des Esprits ; c’est pourquoi nous avons ajouté à notre titre principal celui de journal d’études psychologiques, afin d’en faire comprendre toute la portée.

Nota. Quelque multipliées que soient nos observations personnelles, et les sources où nous avons puisé, nous ne nous dissimulons ni les difficultés de la tâche, ni notre insuffisance. Nous avons compté, pour y suppléer, sur le concours bienveillant de tous ceux qui s’intéressent à ces questions ; nous serons donc très reconnaissant des communications qu’ils voudront bien nous transmettre sur les divers objets de nos études ; nous appelons à cet effet leur attention sur ceux des points suivants sur lesquels ils pourront nous fournir des documents :

1° Manifestations matérielles ou intelligentes obtenues dans les réunions auxquelles ils sont à même d’assister ;

2° Faits de lucidité somnambulique et d’extase ;

3° Faits de seconde vue, prévisions, pressentiments, etc. ;

4° Faits relatifs au pouvoir occulte attribué, à tort ou à raison, à certains individus ;

5° Légendes et croyances populaires ;

6° Faits de visions et apparitions ;

7° Phénomènes psychologiques particuliers qui s’accomplissent quelquefois à l’instant de la mort ;

8° Problèmes moraux et psychologiques à résoudre ;

9° Faits moraux, actes remarquables de dévouement et d’abnégation dont il peut être utile de propager l’exemple ;

10° Indication d’ouvrages anciens ou modernes, français ou étrangers, où se trouvent des faits relatifs à la manifestation des intelligences occultes, avec la désignation et, s’il se peut, la citation des passages. Il en est de même en ce qui concerne l’opinion émise sur l’existence des Esprits et leurs rapports avec les hommes par les auteurs anciens ou modernes dont le nom et le savoir peuvent faire autorité.

Nous ne ferons connaître les noms des personnes qui voudront bien nous adresser des communications qu’autant que nous y serons formellement autorisé.

[1]Il n’existe jusqu’à présent en Europe qu’un seul journal consacré à la doctrine spirite, c’est le Journal de l’âme, publié à Genève par le docteur Boessinger. En Amérique, le seul journal français est le Spiritualiste de la Nouvelle Orléans, publié par M. Barthès.

Yvonne do Amaral Pereira 1900-1984

Yvonne do Amaral Pereira est née le 24 décembre 1900 à Rio das Flores, une petite ville de l’État du Rio de Janeiro, Brésil. Elle s’est éteinte dans la capitale du même État le 9 mars 1984.

Parmi ses nombreuses facultés médiumniques, sa psychographie a permis à des auteurs de renom d’écrire dans un style raffiné des ouvrages qui nous apportent des enseignements importants sur la science et la morale spirite.

Yvonne A. Pereira a également travaillé avec un sérieux incomparable dans la presse spirite. Les articles qu’elle nous a légués, se caractérisant par leur beauté et leur profondeur, sont une référence sûre pour celui qui souhaite participer à une tache aussi délicate et importante que la moisson du Christ.

Biographie et livres chez les Éditions Philman :

Yvonne Pereira Do Amaral

Œuvres déjà traduites en français :

1) Mémoires d’un suicidé

2) À la découverte de l’invisible

3) Souvenirs de la médiumnité
Dans ce récit vif et prenant, l’auteure nous confie les souvenirs de sa propre médiumnité pensant ses longues années d’expérience médiumnique, en agrémentant sa narration d’observations sur le phénomènes les plus variés qu’elle a elle-même vécus. Cet ouvrage, préparé sous l’orientation de l’Esprit Bezerra de Menezes, contient un vaste matériel ainsi que des directives essentielles pour tous ceux qui travaillent dans le domaine médiumnique et qui leur permettront de mieux exercer leurs facultés.

Voici un petit extrait :

Introduction
… Voici donc Souvenirs de la Médiumnité. Ces pages ne sont qu’un petit échantillon des souvenirs de notre vie de médium et de spirite.
Nous pourrions relater bien plus que ce qui est exposé ici. Nous pouvons dire que depuis le berceau, notre vie fut emplie de douleurs, de larmes et d’épreuves. En faisant un bilan aujourd’hui, nous pensons que nous sommes la démonstration vivante de l’importance du Spiritisme et que c’est grâce à lui que notre âme s’est rachetée et a repris son chemin vers Dieu. Nous sentons que nous n’aurions pas vaincu les luttes et les témoignages que la vie a exigés de nos forces, si, depuis notre naissance, nous n’avions bénéficié de la vigoureuse protection de la Révélation Céleste nommée Spiritisme. Nous pourrions parler aussi de l’amertume des larmes que nous avons versées pendant les épreuves, des péripéties et des humiliations qui nous ont accompagné tout au long de cette existence et contre lesquelles la Doctrine Spirite a apporté remède et réconfort. Mais pour le faire, il nous faudrait nommer ou critiquer ceux qui furent les instruments de la douleur du rachat qu’il nous faillait effectuer de toute urgence. Néanmoins, les codes spirites ne nous enseignent pas à accuser notre prochain, bien au contraire, ils nous enseignent l’amour, la fraternité et le pardon. Faisant donc abstraction des personnes qui furent une occasion de scandale pensant notre expiation et oubliant leurs actions afin de ne traiter que de la sublime thèse spirite, c’est un témoignage de pardon que nous laissons ici. C’est d’ailleurs le seul témoignage qu’il nous reste encore à présenter et que nos ascendants spirituels exigent de nous en ce moment…

Livres par Edicei Europe (Conseil Spirite International) :
https://www.amazon.fr/Souvenirs-m%C3%A9diumnit%C3%A9-Yvonne-Pereira/dp/B019UD8T9Q

Programme

Conférence Exceptionnelle Lundi 12/11 19h Luis Hu Rivas

Conférence et Séance d’autographes avec Luis Hu Rivas Allan Kardec – 160 Ans de Spiritisme Lundi 12/11/2018 à 19h Plus d’infos et photos sur notre Facebook (nous avons quelques soucis avec le site internet en ce moment…) http://www.facebook.com/cesypcagnessurmer Ici un petit extrait du site internet de Luis Hu : http://www.luishu.com Luis Hu Rivas, nasceu no …

Conférence samedi 10/11/2018 à 17h

La Constellation Familiale Par Marcia BERTO Réflexions spirites sur le livre psychographié par Divaldo Franco dicté par l’Esprit Joanna de Angelis Veuillez trouver l’affiche sur notre Facebook (nous avons quelques soucis avec le site internet en ce moment…) http://www.facebook.com/cesypcagnessurmer Il y aura l’évangélisation infantil pour les enfants de 5 à 10 ans de 15h30 à …

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Ana Paula Teles